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16 mai 2010

Depuis qu'on a demandé aux mots de la langue française de travailler plus, c'est le merdier


Avez-vous déjà remarqué le temps que nous perdons à remettre à l'endroit des quiproquo toute la journée ? Non ? Et bien regardez mieux. Nous parlons une langue où on demande à un même mot de vouloir dire plusieurs choses, alors que le mot, si on lui demandait son avis, je suis sûr qu'il nous dirait préférer ne rien vouloir dire. Bon, comme quand ça devient un rien compliqué, vous allez vous coucher ou vous rallumez la télé, je vais me faire comprendre par le biais d'exemples.

"C'était un réel plaisir que de l'écouter discourir. Il avait vraiment la langue de Molière dans la bouche."
Bon, cette phrase, en dehors de justifier l'illustration ci-dessus, nous montre à quel point le français est un langage dégueulasse. D'aucuns prétendront qu'avoir la langue de Molière dans la bouche est une image, une figure de style. Sauf que là, on parle d'un mec qui a vraiment la langue de Molière dans la bouche. Comment cela peut-il être alors un réel plaisir de l'écouter ? J'ai essayé pour vous. Pas avec Molière, je ne sais pas où est le cadavre. J'ai tenté de dire un truc tout con, "Mais où diantre sont passées mes pantoufles ?" tout en roulant une pelle à Bernard-Henri L. (dont je tairai le nom de famille, par égard pour Arielle D.). Et ben ça donne "Ai ou chiandre chon aché é han houchle ?". Et ce n'est qu'un exemple anodin, y'en a plein d'autres.


A la fin d'un repas, à sa maîtresse qui pigeait queud à la musique et lui demandait ce qu'était cette note sur une partition, Ludwig Van Beethoven tint ce propos : "C'est un mi ma mie que j'ai mis, tenez, prenez cette serviette et torchez-vous un brin la gueule, il vous reste sur la joue un bout de mie." Comme la mie en question n'y pigeait queud non plus à tout ce qui n'était pas la musique, elle lui répondit "Dites-moi, mon Loulou, ne seriez-vous point donc en train de vous foutre de ma gueule ?" "Moi, en train ?" répondit le Loulou, "comment donc pourrais-je être en train alors même que je suis ici face à vous dans ce restaurant ?". "Ah ben ouais" capitula la gourdasse. Et après on s'étonne qu'avec des connes pareilles Beethoven ait passé une grande partie de sa vie à simuler la surdité...

Cette ambiguïté permanente de la langue française me donne à penser que si parfois (un peu souvent quand même) chers lecteurs vous avez du mal à me comprendre, ce n'est peut-être pas parce que vous êtes complètement arriérés. Je tenterai à l'avenir de faire un article en Tchétchène pour vérifier si ça vient de vous ou de la langue.

21 octobre 2009

Vigilance




Aujourd'hui, je vous propose une image afin d'illustrer l'escroquerie du siècle en matière d'art. Que voyez-vous ? Une femme un peu floue ? Carla Bruni ? Edith Cresson ? Oui toi là, tu dis quoi ? La Joconde ? Comment tu t'appelles mon petit ? Léonard ? Et bien Léonard, tu dis n'importe quoi, mais c'est normal, tu n'as pas fait les beaux arts comme moi et tu n'es pas un expert comme par exemple moi encore. Ce que tu vois, c'est un Faux ! En effet, après expertise de ma part, plus quelques coups de fil à des relations plutôt haut placées, il s'avère que la Vraie Joconde est toujours quelque part au musée du Louvres, et même si en réalité elle est ailleurs et que nous sommes tous les victimes d'un complot à l'échelle mondiale visant à je ne sais
pas quoi mais en tout cas rien de bon, il faut savoir que tout ce qu'il y a sur cette page, c'est moi qui l'y ai mis, et si j'avais mis la Joconde, je m'en souviendrais, quand même. Et là, je ne m'en souviens pas.

Je décuse ! (heu, là je voulais pas faire du faux Zola, alors "j'accuse" c'était pas possible. J'ai pensé à "je dénonce", mais je voulais pas faire non plus du faux Maurice Pichard, le voisin des Tanenbaum pendant la seconde guerre mondiale. Je suis donc condamné au néologisme)

Nous vivons dans un monde en toc. L'autre jour encore, chez mon libraire, quelle ne fut pas ma stupeur de trouver dans les rayonnages "Des femmes qui tombent" de Desproges, alors que je sais pertinemment que ce bouquin est chez moi, dans ma bibliothèque (j'ai vérifié en rentrant). C'est ennuyeux, mais j'ai mis le feu à la librairie car j'y ai aussi trouvé l'excellent livre de Peyo "Les Schtroumpfs et le cracoucass" alors que je sais que c'est mon cousin qui le conserve religieusement dans son coffre-fort.

Lecteurs, amis ai-je même envie de dire, je vous en supplie, soyez vigilants. Si vous avez un doute sur une oeuvre d'art de votre connaissance, n'hésitez pas à la brûler. Il m'est insupportable de penser que sous prétexte de démocratisation de la culture, tant de faux circulent. De nombreux exemples restent, impunis, exposés aux yeux de tous. La pyramide du Louvre : un faux, les vraies pyramides sont en Egypte, tout le monde le sait en plus. Le musée Guggenheim, à Bilbao : un faux, vous trouvez que ça sonne Basque, Guggenheim, vous ? Les jardins du Luxembourg, à Paris ? On se fout de notre gueule là ou quoi ?

Attention ! La falsification générale ne touche pas que le domaine de l'art !
Quand vos enfants dorment, regardez sous leur pied gauche s'ils portent bien la marque NF.
Les miens ne la portaient pas.



18 octobre 2009

La disparition


Georges Perec a fait un pari osé : écrire un roman sans E. Ça s'appelle "La Disparition".

En même temps, c'était plus facile que réussir une omelette dans les mêmes conditions.

J'aurais aimé rédiger cet article sans Q, et donc sans P, ça n'aurait pas manqué d'R... Mais je n'en fais pas grand K, moi je n'M pas me coller des entraves, encore moins celles des autres.

Donc Perec devait avoir du temps libre et aimer se faire mal, dommage que je n'aie pas lu son bouquin, j'aurais aimé vous en parler... Remarquez, oubliez ce que je viens de dire, on va faire comme si je l'avais lu, de toute façon, tous les critiques font comme ça. C'est vrai que je pourrais difficilement parler d'un bouquin que j'ai lu, c'est trop intime...

Anton ast daprima. Son chat, Minoucha, a disparu dapuis 3 samainas. Alors Anton talaphona à Brigitta, una amia d'anfanca pardua da vua voilà biantôt 20 ans. Tous daux partant à la racharcha da Minoucha, an dabutant par la Finlanda, car ils sont organisas at ont dacida da manar laur racharchas da haut an bas... Un road-movia apoustouflant. Sans daconnar.

Quel branleur ce Perec. Fastoche. En tout cas à écrire, à lire, je ne sais pas, je ne me relis jamais.
On peut noter que même que si on cherche à fond, si on passe les 319 pages de La Disparition au détecteur de E, on ne prend pas une seule fois l'auteur en défaut, alors on se dit que ce mec est un champion, mais aussi qu'il est un peu con puisqu'après tant d'efforts, il fait figurer son nom en toutes lettres sur la couverture...